Pour Une Gestion Du Stress Digne De Ce Nom

Pour Une Gestion Du Stress Digne De Ce Nom

Auteur: Peter Punin

Quelques remarques préliminaires

La lecture de l’article présent exige une certaine dose d’application. La réduction du stress et – à plus forte raison – la gestion du stress nécessite de l’investissement personnel soutenu. Il n’en peut pas être autrement. De prétendues méthodes de gestion du stress où tout serait facile, où tout serait réglé dans l’espace de quelques heures, de telles « méthodes » relèvent du charlatanisme pur et simple, au même titre que ces régimes alimentaires qui vous feraient perdre « sans effort » 10 kg en trois jours, et pourquoi pas 50 ou 100, puisque nous y sommes …

La gestion du stress passe par un parcours balisé qui doit être entrepris en connaissance de cause. Or, cet état d’esprit de connaissance de cause a son prix de persévérance et d’ouverture intellectuelle.

Ajoutons que les différents point abordés par cet article s’inscrivent dans un contexte plus large. Il est de la sorte recommandé de compléter leur étude par la lecture de l’article « La psycho-relaxation globaliste » figurant sur ce même support.)

Et répétons-le: Ici, s’agit d’aborder des solutions efficientes. Donc pas de solutions de facilité.

Le stress dans le contexte contemporain

A notre époque, le stress prend une signification toute particulière. Certes, le phénomène, désigné par des termes différents, a été décrit depuis long-temps. Il est évident que nos ancêtres – proches ou lointains – avaient eux aussi affronté des situations que nous qualifierions spontanément de « stressantes ». Pensons à toutes ces guerres et périodes de famine, à toutes ces maladies naguère incurables, ajoutons-y des conditions de travail extrêmement dures etc. Sous certains rapports, la vie de nos jours est devenue beaucoup moins contraignante.

Et pourtant, le stress exprime un aspect spécifique de de notre existence contemporaine.

Afin d’élucider ce point qui semble a priori contestable, tournons-nous vers la signification du terme « stress ». Étymologiquement parlant, celui-ci nous renvoie à l’idée de tension. Cette image colle bien avec notre ressenti du phénomène, mais reste réductrice. Scientifiquement parlant, le stress est défini comme une réaction de l’organisme au changement. Et maintenant nous cernons déjà mieux l’idée d’un stress représentant une caractéristique spécifique de notre époque.

En effet, rarement l’humanité a dû faire face à des changements d’une ampleur telle que nous la rencontrons de nos jours. Il suffit d’évoquer à ce sujet deux facteurs particulièrement frappants: D’un côté l’essor fulgurant des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et d’autre part la mondialisation galopante. Ces deux facteurs sont évidemment liés. Et ce changement global qu’ils représentent à l’échelle de la planète se traduit par des changements aussi radicaux, aussi bouleversants au niveau de notre vie personnelle. C’est vrai notamment sur le plan professionnel, mais tant d’autres strates de notre existence s’en trouvent à leur tour affectées. Dans notre contexte, retenons donc que nous affrontons à l’heure actuelle des changements d’une ampleur probablement inédite. Et comme le stress est – répétons-le à dessein – avant tout une réaction de l’organisme au changement, nous réalisons maintenant en quel sens le stress représente bel et bien une spécificité de l’existence contemporaine.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le stress désormais nous déborde. Puisque le stress joue un rôle perturbateur – ce n’est pas son unique rôle, loin de là, mais devons tenir compte de ce rôle – il s’agit dans un premier temps de réduire le stress ressenti en notre for intérieur. Cela est facile à dire, beaucoup moins facile à réaliser. Il ne suffit pas de « décider », de « se promettre », de « prendre la résolution » etc. de ne plus stresser, car le stress n’en a cure. Pour y arriver, on doit faire appel à une technique éprouvée. De telles techniques existent, mais elles ne s’improvisent pas.

A l’heure actuelle, de nombreuses approches sont proposées; certaines parmi elles sont sérieuses. La démarche que nous cherchons à décrire ici remonte aux années 1930; affinée au fil des années, elle se base sur ce qu’il convient de qualifier de relaxation scientifique.

La relaxation en tant qu’outil de réduction du stress

Notons dans un premier temps que la gestion du stress proprement dite est impérativement précédée d’une phase de réduction du stress. Autrement dit, avant d’agir sur les facteurs qui nous stressent, nous devons préalablement atteindre un état suffisamment calme pour entamer cette démarche. A ce niveau, la relaxation représente un outil efficient.

Le terme « relaxation » a été mis à toutes les sauces; il peut inspirer méfiance. C’est un fourre-tout. Des fabricants de meubles vendent des « fauteuils de relaxation ». A l’autre extrême de la gamme, des formes de prostitution (à peine) camouflée s’emparent à leur tour du concept.

Nous insistons de la sorte sur la dénomination « relaxation scientifique » afin de nous dissocier de tout langage abusif.

La relaxation en tant qu’outil de la réduction du stress s’appuie aux travaux effectués dans les années 1930 par le neurologue américain E. Jacobson. Partant d’un constat banal en soi – nos tensions psychiques se traduisent par des contractions musculaires – Jacobson se pose la question si la décontraction musculaire entraîne à son tour la détente psychique. Cela n’est pas évident a priori; loin de là. Mais Jacobson – en recourant aux ressources techniques disponibles à l’époque: l’électroencéphalographie et l’électromiographie mesurant respectivement l’activité cérébrale et la tension musculaire – teste son hypothèse avec des volontaires et parvient à la valider. La relaxation physique se traduit bel et bien par la détente psychique.

Le problème est que la relaxation musculaire ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de s’installer confortablement, de se détendre, de « relaxer », de « faire relax » etc. Pour se traduire par une réelle détente psychique, la relaxation doit passer par une technique appropriée. Jacobson lui-même développe une méthode de relaxation. De nos jours, cette approche – franchement fastidieuse – est pour ainsi dire abandonnée. Elle ne représente plus qu’un intérêt historique. De Jacobson, nous retenons surtout le lien solidement établi entre la détente corporelle et la détente psychique.

Le psychiatre allemand Johannes Heinrich Schultz, de son côté, établit un deuxième lien hautement significatif entre la la relaxation en principe « physique » et les effets psychiques que cette pratique peut produire. Schultz, au départ s’intéresse aux travaux d’Oskar Vogt portant sur l’auto-hypnose. Il réalise alors que que la relaxation, à condition d’être suffisamment poussée, se traduit par l’induction d’un état d’hypnose légère. Ce point est d’une importance capitale, et ce sous plusieurs rapports. Dans le contexte de la réduction de stress, les techniques développées par J.H. Schultz nous intéressent surtout dans la mesure où elles permettent d’atteindre un niveau de relaxation physique optimale entraînant aussitôt une détente psychique plénière.

L’état hypnotique léger se produisant à travers la relaxation correctement initiée nous rend en effet hautement réceptifs/tives à l’égard de l’autosuggestion. A partir du moment où nous atteignons un degré de relaxation suffisamment élevé, les suggestions corporelles que nous nous adressons à nous-mêmes – suggestions du genre « mon bras gauche s’alourdit de plus en plus » ou « mon bras gauche chauffe de plus en plus » etc. – induisent des effets allant en sens. Notons que ces effets sont réels et rationnellement explicables. La détente du tonus musculaire se traduit évidemment par un ressenti accentué de la pesanteur, autrement dit par un sentiment de lourdeur. Quant à la production de chaleur, elle est à son tour la conséquence de la détente musculaire. Celle-ci diminue la pression des muscles sur les vaisseaux, ce qui favorise bien entendu la circulation sanguine. Ajoutons encore que le production de chaleur a été mesurée; elle peut s’exprimer par une augmentation de température allant jusqu’à 2°C.

D’autre part, l’expérience montre que ces sensations de lourdeur et de chaleur ont des effets relaxants intensifiant l’état d’hypnose ci-dessus évoqué. Comme ce dernier augmente encore davantage notre réceptivité à l’égard de l’autosuggestion et ainsi de suite, l’exercice finit par établir une sorte de va-et-vient entre le corps et l’esprit, aboutissant à un état de relaxation physique optimale qui se traduit par la détente psychique absolue.

Toute tentative de restituer par des mots ce qui relève essentiellement du vécu se heurte par définition à ses propres limites. Il est toujours délicat de conceptualiser le passage du physique au psychique Pour bien connaître la démarche décrite, et, à plus forte raison, pour s’approprier cette démarche, il n’existe au fond pas d’autre possibilité que d’en entamer le parcours. Au départ, il vaut mieux se faire accompagner par un intervenant qualifié. Par la suite, les techniques de base une fois acquises, toute personne motivée peut progresser de manière autonome.

Mais, quoi qu’il en soit, précisons ici qu’à travers la détente physique et psychique totale grâce à la démarche évoquée, l’objectif de réduction du stress est déjà atteint. A condition de consacrer environ un quart d’heure par jour à la cure, l’expérience quotidienne de psycho-relaxation profonde (consultons éventuellement notre article de ce nom figurant sur ce même site) se traduit dès la première semaine de pratique par la diminution très significative du stress. Un test fort convaincant nous est alors offert par la circulation automobile. C’est au volant de notre voiture que nous nous laissons systématiquement aller dans la culture du stress et de ces symptômes. C’est ainsi dans la circulation automobile que nous nous rendons compte des progrès réalisés en très peu de temps. Pour celles et ceux qui ne conduisent pas, les transports publics représentent un test analogue, notamment aux heures de pointe.

De la réduction du stress à la gestion du stress proprement dite

Tournons-nous maintenant vers la gestion du stress proprement dite. Réduire le stress sans aller plus loin, cela se limite à une attitude défensive. Si nous voulons réellement maîtriser le stress, nous devons le traiter à la source. Or, ne s’agit-il pas là d’un vœux pieux? C’est surtout le monde extérieur qui – dirait-on – nous stresse. Pourrions-nous changer ce monde?

Ce point exige en fait une approche plus nuancée.

Les sources du stress se trouvent souvent en nous-mêmes, ou plutôt conjointement dans nos deux mondes « intérieur » et « extérieur ». Lorsque « quelque-chose » nous stresse, les symptômes aussitôt développés perturbent notre conduite globale. En stressant, nous compliquons notre vie, ce qui augmente le stress et ainsi de suite. C’est la spirale. Mais celle-ci, nous pouvons l’inverser. En développant moins de stress intérieur, nous à diminuons du coup les facteurs stressants extérieurs. En effet, ces facteurs extérieurs ne sont pas toujours stressants en soi. Par notre conduite inappropriée – car perturbée par le stress intérieur – nous rendons stressants des facteurs extérieurs qui sans notre concours involontaire ne le seraient pas, ou du moins ne prendraient pas tant d’ampleur.

Bref, en pratiquant systématiquement la réduction du stress, nous agissons déjà dans une certaine mesure sur les facteurs stressants extérieurs. Autrement dit, pour pratiquons déjà des formes – certes élémentaires – de la gestion du stress.

Allons maintenant plus loin. Plus haut, nous venons d’évoquer l’impact positif de notre approche sur le stress ressenti dans la circulation automobile: Ne plus stresser, ou moins stresser face à cet environnement agressif, voilà un premier acquis précieux en soi. Mais ce qui est intéressant, c’est que nous constatons aussi une amélioration du comportement d’autrui à notre égard. Rien d’étonnant à cela. Le stress, malheureusement, se communique, mais en déstressant, nous déstressons du coup autrui.

Nous avons tendance de penser que « nous ne pouvons pas changer le monde » et que les sources de stress extérieures échappent d’office à notre contrôle. L’exemple « circulation automobile » dénote pourtant que nous sous-estimons nos facultés et capacités de « changer le monde extérieur », et plus précisément le « monde extérieur » dans là mesure où il nous stresse. En songeant au « monde extérieur », nous focalisons trop sur le monde inerte qui « est là » en tant que tel et sur lequel nous ne pouvons en effet pas grand-chose. Or, ce qui nous stresse le plus, c’est non pas « le monde extérieur » en général, mais plutôt notre environnement humain immédiat. Et il nous est parfaitement possible d’agir sur cet environnement humain dans une finalité de gestion du stress. Répétons-le: En déstressant nous-mêmes, nous déstressons également notre entourage, tout en devenant les principaux bénéficiaires du retour d’investissement allant avec.

Formes avancées de la gestion du stress

La tournure effective que prennent nos relations avec autrui passe souvent par des canaux subconscients, autant par le subconscient d’autrui que par le nôtre. Rien de mystérieux dans tout cela. Il ne s’agit pas non plus de ces hypothèses gratuites, invérifiables dont on nous bombarde quotidiennement.

De manière très terre-à-terre nous constatons que nos relations avec autrui échappent dans une vaste mesure à notre volonté consciente. Ou, si on préfère, notre conduite relationnelle effective ne colle pas toujours avec ce que nous voudrions faire. Maintenant, il semble absolument plausible d’appeler « subconscient » l’ensemble des facteurs psychiques à l’origine de notre conduite que notre volonté consciente ne contrôle pas.

L’expérience montre maintenant que le subconscient – abordé sous cet angle là – joue un rôle particulièrement actif, disons même dévastateur en ce qui concerne le côté stressant de nos relations avec autrui. Notre propre subconscient envoie malgré nous des signaux qui sont captés par le subconscient d’autrui, et vice-versa. Ces strates incontrôlées de notre relationnel compliquent encore davantage une situation déjà complexe en soi.

Pour gérer le stress en profondeur, nous devrions donc faire un travail sur notre propre subconscient, faire de la sorte que notre propre subconscient agisse sur le subconscient d’autrui dans le sens de relations non-stressantes. Est-ce possible?

Là encore, la réponse est rassurante, toutefois sous réserve. Oui, il existe des solutions à ce niveau, des solutions réalistes, n’ayant rien d’utopique, ni de mystérieux, ni de miraculeux. Mais pour cette raison même, il ne peut pas s’agir de solutions de facilité. La gestion du stress en ses formes avancées, en ses formes impliquant un travail sur le subconscient, présuppose une démarche marquée par sa technicité élevée.

Certes, l’instar la réduction du stress suivie de gestion du stress élémentaire, un tel parcours avancé est à la portée de toute personne réelle motivée, mais exige de la patience, de la persévérance, de l’assiduité et de l’ouverture intellectuelle.

D’autre part, la gestion du stress avancée relève déjà – comme toute démarche engageant les strates subconscientes de notre psychisme – du développement personnel à part entière. Notre approche spécifique du développement personnel fera l’objet de plusieurs articles à paraître dans un avenir proche sur le présent support. En attendant, consultons notre site www.horizonscoaching.fr .

Notons néanmoins que même la simple réduction du stress, et à plus forte raison, la gestion du stress élémentaire représentent au fond déjà un premier abord du développement personnel. Répétons qu’en matière de stress, il ne suffit pas de prendre la « bonne résolution » de « ne plus stresser ». Or, le développement personnel tel qu’il se présente dans le cadre de notre approche, consiste en le dépassement des « bonnes résolutions » par un changement positif réel. C’est une manière de boucler la boucle dans un domaine où tout est finalement relié.

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